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Quelles sont les différences entre shintoisme et bouddhisme ?

  • Photo du rédacteur: Edouard
    Edouard
  • 15 déc. 2025
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 8 janv.

Bien que le shintoïsme et le bouddhisme soient étroitement liés, les deux religions sont pourtant bien différentes. Le premier point à retenir est que, qu’il s’agisse de l’une ou de l’autre de ces religions, elles ne sont pas codifiées. Il existe de nombreux courants différents au sein de ces religions. Ensuite, les deux religions ne rentrent pas en contradiction. Au contraire, la grande majorité des Japonais pratiquent en réalité les deux.


Le shinto ⛩️, la religion de la vie et des kami


Le shinto est la religion ancestrale du Japon. Elle existerait depuis la période Jōmon (environ 13 000 à 400 av. J.-C.) et est essentiellement pratiquée au Japon. Cette religion endémique de l’île est centrée sur les kami. Ce sont les esprits de la nature (montagnes, arbres, animaux…), les ancêtres, mais aussi les forces du monde. On y cherche l’harmonie avec la nature et la pureté. Un parfait exemple pour l’illustrer serait l’ambiance représentée dans Princesse Mononoké.


Les rituels sont avant tout des rituels de purification : on se présente aux kami, on formule des demandes ou des remerciements, on achète des amulettes protectrices. Le terme « vœux », bien que très utilisé, est un peu maladroit : on ne « fait » pas un vœu au sens occidental, on se présente humblement aux kami pour espérer bénéficier de leur bienveillance.


Il existe énormément de kami différents, chacun ayant un domaine d’action précis. C’est un culte non dogmatique, sans textes sacrés stricts.


Le shintoïsme n’utilise pas d’icônes ou de représentations figuratives des divinités : les kami ne sont pas représentés par des statues humaines, même si certains sanctuaires utilisent parfois des objets symboliques (miroirs, sabres, objets sacrés).


Le bouddhisme 🏯, la réincarnation et les enseignements du Bouddha


Le bouddhisme 🏯 est né en Inde et importé au Japon au VIᵉ siècle. Ses préceptes visent à apprendre comment échapper à la souffrance par la sagesse et la méditation. Le but est de faire attention à ses actions pour accumuler un bon karma. Le karma est la totalité des actions effectuées (dans la vie actuelle et dans les vies antérieures) et leurs conséquences.


Les bonnes actions amènent de bonnes choses, et inversement. Les êtres renaissent dans des cycles successifs jusqu’à atteindre le nirvana, l’éveil spirituel, un état où il n’y a plus de souffrance.


Cette religion est plutôt associée à la mort et au monde des ancêtres au Japon. À l’inverse du shinto, le portrait du Bouddha est omniprésent et c’est une religion très iconographique.


Deux philosophies qui se complètent


Comme l’une est associée à la vie et l’autre à la mort, une grande partie des Japonais pratiquent les deux en réalité. Le shinto est réservé aux naissances, aux mariages et aux fêtes, tandis que le bouddhisme concerne plutôt les funérailles. Les deux religions cohabitent de façon harmonieuse. D’ailleurs, certains édifices comportent à la fois des sanctuaires et des temples dans la même enceinte.


Le jinja, édifice religieux shinto


Les édifices sacrés shinto ⛩️ s’appellent les sanctuaires, ou jinja (神社) en japonais. Vous les reconnaîtrez grâce au torii à l’entrée. Ce sont ces grandes portes rouges, l’un des symboles du Japon. En passant sous le torii, on entre dans le domaine des kami. C’est la raison pour laquelle il est normalement d’usage de s’incliner légèrement avant de le franchir (même si de moins en moins de personne le font, surtout en ville).


Il y a un honden (bâtiment principal) où le kami est symboliquement installé. L’atmosphère est naturelle, et on trouve ces sanctuaires très souvent dans des environnements verdoyants.


Les sanctuaires sont tenus par des kannushi (prêtres) et par des miko (assistantes).


Comment entrer dans un jinja ⛩️ : purification, offrande et prière

On se purifie à l’entrée : on se rince les mains et la bouche à une fontaine (temizuya) en suivant un rituel précis. On effectue les gestes lentement et respectueusement :


1. Se purifier la main gauche : Prendre la louche de la main droite.Verser un peu d’eau sur la main gauche.

2. Se purifier la main droite : Changer la louche de main.Verser de l’eau sur la main droite.

3. Rincer la bouche (symboliquement) : Reprendre la louche dans la main droite. Verser un peu d’eau dans la main gauche. Rincer légèrement la bouche. Cracher l’eau à côté du bassin, jamais dedans.

4. Rincer la louche : Tenir la louche verticalement pour que l’eau coule le long du manche. Reposer la louche.


La prière dans le shintoïsme

Pour faire une offrande, on jette une pièce dans le tronc (saisen-bako). Tous les montants sont acceptés, mais il s’agit souvent de pièces de 10 ou 50 yens. On sonne une fois la cloche (s’il y en a une), on s’incline deux fois, on frappe des mains deux fois, on prie, puis on s’incline une dernière fois.


Sonner la cloche sert à annoncer sa présence au kami. On ne la sonne qu’une fois par visite.


Attention : on se recueille devant le pavillon de culte haiden (拝殿), qui précède le hall principal honden (本殿). Ce hall est fermé au public dans l’architecture shinto, on ne dépasse donc pas la boîte à offrandes. L’espace derrière n’est pas destiné aux visiteurs.


Ōtera, les temples bouddhistes


Les édifices bouddhistes 🏯 sont les temples, ou ōtera (お寺) en japonais. On les reconnaît notamment grâce à leurs nombreuses statues.


On retrouve :

  • Le Bouddha : représenté assis, debout, couché ou marchant, avec des gestes (mudras) spécifiques symbolisant différents états spirituels.

  • Les bodhisattvas : êtres éveillés qui aident les autres, comme Kannon (compassion) ou Jizō (protection des enfants et des défunts).

  • Les gardiens : souvent féroces, ils protègent les temples et les enseignements :

    • Shitennō : les Quatre Rois Célestes.

    • Niō (Agyō–Ungyō) : gardiens à la bouche ouverte (Agyō, début) et fermée (Ungyō, fin).

    • Komainu : chiens-lions gardant les entrées.


Un autre signe distinctif fortement reconnaissable est la pagode. Sa forme en pointe si particulière abrite des objets sacrés, souvent luxueux. D’autres spécificités de ces édifices sont les salles de méditation ou les clochers. Les temples sont tenus par des moines (bonzes).


Comment entrer dans un temple et comment prier🏯

Il n’y a pas de purification à effectuer avant d’entrer dans un temple, et les offrandes sont plus symboliques. On brûle souvent de l’encens devant le Bouddha.


La façon de prier est différente : on s’incline une fois, on joint les mains, on prie en silence, puis on s’incline de nouveau.


Il y a des cloches dans les temples, mais elles ne sont généralement pas destinées aux visiteurs, seulement aux moines. De la même façon que dans les sanctuaires, on ne rentre pas dans le bâtiment principal kondō ou le bâtiment du Bouddha (butsuden). Sauf exception, ce n’est pas ouvert aux visiteurs.


De façon générale, qu’il s’agisse d’un sanctuaire ou d’un temple, il s’agit d’édifices religieux. Il est donc important de respecter les lieux, que ce soit au niveau du comportement, du niveau sonore ou des photos. Certains temples ont des règles particulières qui interdisent d’ailleurs complètement les photos.


Fun facts


Que ce soit dans les temples ou dans les sanctuaires, on verra parfois de la nourriture en offrande.


Dans certains jinja ⛩️, quelques statues reçoivent des pièces ou de la nourriture en offrande. Il s’agit souvent d’un remerciement envers un certain kami, d’un souhait de chance ou d’une tradition locale. C’est également très fréquent au pied des statues du Bouddha (notamment Jizō) dans les temples.


Sur Google Maps, il est possible que vous ayez été surpris par le symbole 卍 en cherchant un temple 🏯. Il s’agit du manji. Au Japon, il représente la vie, la bonne fortune, l’éternité, la compassion du Bouddha et l’harmonie de l’univers.


Il existe deux représentations :

  •  (vers la gauche — hidari-manji), symbolisant la compassion et la miséricorde ;

  •  (vers la droite — migi-manji), représentant la force et l’autorité spirituelle.


S’il vous fait penser à un symbole funeste, c’est parce que les deux proviennent du même symbole indien très ancien, le svastika, vieux de plus de 3 000 ans. C’est pourquoi, au Japon, on n’utilise généralement que le hidari-manji.


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