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Comment les Japonais passent les fêtes de fin d’année ?

  • Photo du rédacteur: Edouard
    Edouard
  • 10 déc. 2025
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 11 déc. 2025


En France comme au Japon, il y a autant de manières de fêter la fin de l’année qu’il y a de familles ! Chacune a ses habitudes et ses traditions, et il n’existe pas une seule manière correcte de fêter Noël ou le Nouvel An. Cela dit, on peut noter des différences flagrantes entre la France et le Japon. Voici quelques particularités.


Le mois de décembre

Les rayons sont pleins d’articles de Noël, les affiches proposant de réserver un “Christmas Cake” sont de sortie et “Last Christmas” commence à résonner dans les magasins : pas de doute, nous sommes en décembre ! Les événements en lien avec Noël sont nombreux : petits marchés près des centres commerciaux, attractions ou illuminations spéciales dans les grandes villes…


En parallèle, les Japonais se réunissent souvent le soir entre collègues, partenaires de travail, amis ou membres d’un club universitaire. Ce sont les bōnenkai 忘年会, littéralement des “fêtes pour oublier les ennuis de l’année et repartir du bon pied dans la nouvelle année”. L’occasion de boire un verre en se rappelant de bon moments.


Le 24 décembre : Réveillon romantique

Depuis plusieurs dizaines d’années, et grâce à différentes campagnes de publicité, le réveillon de Noël a une image de soirée romantique à passer avec sa moitié ou avec de très bons amis. C’est l’occasion d’aller dans un bon restaurant, d’admirer les illuminations en ville, et de manger le soir un gâteau préalablement réservé dans une pâtisserie ou un supermarché (traditionnellement, un gâteau à la crème blanche et aux fraises).


C’est aussi l’occasion pour les amoureux de s’offrir un petit cadeau. Les parents offrent également de plus en plus de petits cadeaux à leurs enfants pour Noël, et le poulet frit de la chaîne KFC est devenu une véritable institution pour le repas du soir, encore une fois grâce à une campagne publicitaire très populaire des années 70 !


Le 25 décembre : Noël au bureau

Alors que ce jour est férié en France et se fête traditionnellement en famille, la réalité au Japon est bien différente : beaucoup de Japonais le passent avec leur ordinateur et leurs collègues de bureau. Ce jour n’est en effet pas férié, et s’il tombe un jour de semaine comme en 2025, tout le monde travaille ; les commerces, entreprises, services postaux comme bancaires sont ouverts. Un vrai choc des cultures pour les Français, si attachés à passer la journée à table avec une bouteille de champagne et du foie gras !


Le soir du 25 décembre peut encore être l’occasion de manger un repas spécial chez soi et un peu de gâteau, mais une fois la journée terminée, Noël laisse place aux festivités de fin d’année.


Fin décembre : de nombreux préparatifs pour la nouvelle année

Les fêtes de Noël sont plus commerciales que traditionnelles au Japon, et passé le 26 décembre, les magasins se débarrassent des articles de Noël en un rien de temps pour laisser place aux nombreuses préparations destinées à accueillir le premier de l’an.


Parmi ces activités :

  • le “grand nettoyage” (ōsōji 大掃除), qui consiste à astiquer sa maison de fond en comble afin de ne pas garder de saleté ou d’objets inutilisés alors qu’une nouvelle année commence. De plus, les Japonais se réunissant souvent chez les grands-parents à partir du 1er janvier, il serait mal vu d’accueillir sa famille dans un environnement sale. Cela dit, le “grand nettoyage” n’est pas toujours compatible avec une vie salariée et familiale, et les logements sont loin d’être tous impeccables.

  • les cartes de vœux (nengajō 年賀状), qui doivent être postées avant le 25 décembre pour être sûres d’arriver chez le destinataire le 1er janvier. Alors que dans les années 2000 environ 4 milliards de ces cartes étaient émises chaque année, il n’y en avait plus qu’un milliard en 2024, et ce chiffre continue de diminuer drastiquement, marquant un désintérêt pour cette pratique.


Le 31 décembre : passer du temps en famille

Les Japonais se réunissent en famille pour passer la fin de l’année tranquillement, mais pas vraiment dans un esprit de fête ou de danse comme en France. Assis autour d’une table chauffante, le kotatsu, beaucoup de familles regardent l’émission de télévision “Kōhaku Uta Gassen” (紅白歌合戦), où deux équipes composées de chanteurs populaires et de talents en vogue s’affrontent en chansons, les femmes en rouge d’un côté, les hommes en blanc de l’autre.


Le plat populaire de la soirée est celui des toshikoshi soba 年越しそば, des “soba pour passer l’année”, à manger avant minuit. Ces pâtes se coupent facilement pour “couper net avec les calamités de l’année”, leur longueur symbolise la longévité, elles sont réputées bonnes pour la santé et sont associées à la fortune. La recette du bouillon comme les ingrédients utilisés dépendent de la région où l’on se trouve. Dans le Kansai, les soba à base de bouillon de konbu avec du tempura (légumes ou mets frits) sont particulièrement populaires !


Les 1ers jours de janvier : le Nouvel An et la tradition de “la première fois”

L’aiguille de l’horloge a avancé, minuit est là : bonne année, ou あけましておめでとうございます (akemashite omedetō gozaimasu) ! Dans certains quartiers proches de temples, on peut entendre 108 coups de cloche que les moines font résonner dès la nouvelle année, dans le but de se libérer des 108 désirs terrestres.


Les plus courageux se réveillent vers 6h50 pour admirer le premier lever du soleil (hatsu hi-no-de 初日の出) depuis leur balcon ou, mieux encore, depuis un sanctuaire en montagne. Par la suite, pendant plusieurs jours, les Japonais font la queue, parfois plusieurs heures, dans les sanctuaires ou temples afin de faire leur première visite de l’année, le hatsumōde (初詣). Au sanctuaire, beaucoup tirent une petite prédiction sur laquelle figurent des phrases et conseils pour l’année en cours. Au début de l’année, de nombreuses “premières fois” ont ainsi une importance symbolique.


Traditionnellement, les Japonais cuisent avant le 1er janvier — ou réservent auprès des grands magasins ou supermarchés — une grande boîte composée de dizaines de petits mets, à la manière d’un bento, pour les consommer durant trois jours, seuls ou en famille. Ces plats traditionnels sont appelés osechi ryōri (おせち料理). Chaque met a une signification bienfaitrice pour l’année à venir, comme le fait de manger de la daurade (tai), dont le nom évoque “omedetai”, c’est-à-dire “auspicieux” en japonais. Autrefois, préparer de nombreux petits plats en grande quantité représentait une véritable difficulté pour beaucoup de femmes ; aujourd’hui, les entreprises livrent ces boîtes déjà prêtes, parfois congelées, réduisant considérablement le temps passé en cuisine.

Beaucoup de Japonais travaillant dans le commerce ou l’alimentaire travaillent tout de même le 1er janvier, tout comme de nombreux employés de la Poste. Le 1er janvier est le jour où l’on reçoit les cartes de vœux du Nouvel An : un Japonais en reçoit en moyenne environ 35 chez lui.

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